Tarifs, tensions commerciales, évolution rapide de l’intelligence artificielle, ralentissement économique… les organisations doivent de plus en plus souvent avancer dans un contexte où les réponses ne sont pas toutes connues d’avance.
Face à l’incertitude, le réflexe naturel est souvent d’attendre d’avoir un portrait clair avant de parler à son équipe. On veut éviter de créer de fausses inquiétudes. Mais le piège, c’est que le silence ne rassure personne. Pendant qu’on cherche les réponses parfaites, les équipes observent, s’interrogent et imaginent le pire.
Est-ce que nos client.e.s seront touché.e.s? Est-ce que certains projets seront reportés? Est-ce que cela aura un impact sur les investissements, l’embauche ou même… nos emplois?
Pourtant, en période d’incertitude, bien communiquer n’est pas synonyme de détenir toutes les réponses, mais plutôt de donner suffisamment de repères pour permettre aux personnes de comprendre où l’organisation en est et comment elle compte avancer.
Communiquer même lorsque le portrait est incomplet
Le rôle du gestionnaire n’est donc pas nécessairement de rassurer à tout prix. Il est plutôt de réduire l’incertitude là où c’est possible de le faire, et de nommer celle qui demeure.
Dans un article précédent, nous abordions trois conditions essentielles pour passer à l’action : savoir agir, vouloir agir et pouvoir agir. En contexte d’incertitude, elles deviennent des repères particulièrement utiles.
- La transparence : Dire clairement ce qu’on sait, ce qu’on ignore encore et ce qu’on surveille. Mettre les faits sur table désamorce l’anxiété et évite les zones grises (le Savoir).
- La cohérence : Maintenir la confiance et l’engagement en expliquant la direction, en écoutant les préoccupations et en présentant la suite des choses (le Vouloir).
- Les repères concrets : Rappeler les priorités, les responsabilités et les éléments qui demeurent stables pour que chacun.e sache sur quels leviers agir au quotidien (le Pouvoir).
On ne peut pas contrôler le contexte externe. On peut toutefois créer les conditions pour que les équipes continuent d’avancer, malgré l’incertitude.
La gestion du changement commence avant d’avoir toutes les réponses
Attendre que tout soit décidé pour accompagner les équipes, c’est souvent attendre trop longtemps.
La gestion du changement commence dès qu’on aide les personnes à comprendre ce qui se passe, à conserver suffisamment de confiance pour avancer et à savoir sur quoi elles peuvent agir aujourd’hui.
Parfois, la réponse la plus crédible qu’un gestionnaire puisse donner demeure simplement : Voici ce que nous savons. Voici ce qui guide nos décisions. Voici ce sur quoi nous pouvons agir aujourd’hui.
Besoin de prendre du recul pour préparer la suite?
Dans un contexte tarifaire qui évolue rapidement, notre démarche de réflexion stratégique éclair permet aux équipes de direction de prendre un temps d’arrêt pour évaluer les retombées possibles, explorer différents scénarios et cibler les actions à privilégier.
En une dizaine d’heures, l’exercice permet notamment de :
- Dégager une vision commune des défis à relever.
- Établir un plan de communication interne et externe proactif.
- Définir un plan d’action réaliste, adapté aux différents scénarios possibles.
L’objectif n’est pas de prédire exactement ce qui arrivera, mais de mieux se préparer à y répondre.
« En période de turbulence, les gestionnaires ne peuvent pas présumer que demain sera le prolongement d’aujourd’hui. »
— Peter F. Drucker
Vous souhaitez réfléchir aux effets potentiels des tarifs sur votre organisation et préparer différents scénarios? Écrivez-nous à info@axxio.com pour en discuter.
Par Renaud Allard, CRHA